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samedi 25 février 2012

Racontez-moi

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À mon ancien boulot, ce que je conserve parmi mes moments préférés, c'est sans contredit quand A. venait s'asseoir une fesse sur le coin de mon bureau. Je savais quand dans moins de 30 secondes, j'aurais droit à une aventure de Thomas, son fils qui avait, à l'époque sept ans.

Attendez, je vous en raconte une. C'est trop crampant.

Thomas avait peut-être quatre ans à l'époque et comme tous les petits bonshommes de son âge, il est complètement sous le charme des pelles mécaniques, des pépines ou toute autre grosse machine servant à la construction. Un vrai Bob Le Bricoleur.

Un jour, Thomas a cru rêver solide quand il a vu débarquer un dix roues à côté de sa maison. Tous les matins, il partait avec sa gardienne faire sa visite de chantier avec son casque de construction jaune. Il suivait l'évolution des travaux avec grande attention.

Au fil des jours, Thomas s'est fait chum avec les gars de la place. Il est même devenu ami avec le contremaître. Vous imaginez que tout ce dont Tom parlait tournait autour du chantier hein?

Un matin, ça n'allait pas. Les employés étaient rassemblés et débattaient sur la façon de solutionner un problème quelconque. Aucune des propositions faites ne semblait fonctionner. Thomas s'est approché de la gang et s'est immiscé dans la conversation. Il a écouté l'analyse faite, opinait du bonnet pour montrer son accord avec la proposition de l'autre, faisait non de la tête quand ce que disait l'autre n'avait aucun sens.

Mais les gars n'avaient toujours pas trouvé la foutue solution à leur problème. Heureusement que Thomas était là. « Ben! Utilisez un marteau-piqueur c't'affaire! » s'est-il exclamé comme si c'était l'évidence suprême et que les professionnels de la chose n'étaient que des deux de pique.

Thomas était rendu l'un des leurs. À quatre ans et surtout sans carte de qualification. (N'appelez pas la commissaire Charbonneau. Vous perdrez votre temps.)

Ça me manque ces petites histoires.

Racontez-moi donc les vôtres. Je suis avide de les lire.

Racontez-moi

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À mon ancien boulot, ce que je conserve parmi mes moments préférés, c'est sans contredit quand A. venait s'asseoir une fesse sur le coin de mon bureau. Je savais quand dans moins de 30 secondes, j'aurais droit à une aventure de Thomas, son fils qui avait, à l'époque sept ans.

Attendez, je vous en raconte une. C'est trop crampant.

Thomas avait peut-être quatre ans à l'époque et comme tous les petits bonshommes de son âge, il est complètement sous le charme des pelles mécaniques, des pépines ou toute autre grosse machine servant à la construction. Un vrai Bob Le Bricoleur.

Un jour, Thomas a cru rêver solide quand il a vu débarquer un dix roues à côté de sa maison. Tous les matins, il partait avec sa gardienne faire sa visite de chantier avec son casque de construction jaune. Il suivait l'évolution des travaux avec grande attention.

Au fil des jours, Thomas s'est fait chum avec les gars de la place. Il est même devenu ami avec le contremaître. Vous imaginez que tout ce dont Tom parlait tournait autour du chantier hein?

Un matin, ça n'allait pas. Les employés étaient rassemblés et débattaient sur la façon de solutionner un problème quelconque. Aucune des propositions faites ne semblait fonctionner. Thomas s'est approché de la gang et s'est immiscé dans la conversation. Il a écouté l'analyse faite, opinait du bonnet pour montrer son accord avec la proposition de l'autre, faisait non de la tête quand ce que disait l'autre n'avait aucun sens.

Mais les gars n'avaient toujours pas trouvé la foutue solution à leur problème. Heureusement que Thomas était là. « Ben! Utilisez un marteau-piqueur c't'affaire! » s'est-il exclamé comme si c'était l'évidence suprême et que les professionnels de la chose n'étaient que des deux de pique.

Thomas était rendu l'un des leurs. À quatre ans et surtout sans carte de qualification. (N'appelez pas la commissaire Charbonneau. Vous perdrez votre temps.)

Ça me manque ces petites histoires.

Racontez-moi donc les vôtres. Je suis avide de les lire.

mardi 21 février 2012

Concours : du bonheur pour votre coeur!

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Vous saviez que le mois de février était consacré à la santé du coeur?

C'est fou de penser que les maladies du cœur et les AVC sont deux des trois principales causes  de décès au Canada. En 2007, on comptait près de 1,7 millions de Canadiens qui vivaient avec une maladie cardiaque. What? 


Vous saviez qu'une personne fait une crise cardiaque toutes les sept minutes au Canada? T-o-u-t-e-s-l-e-s-m-i-n-u-t-e-s. Hallucinant. 


Ça vous inquiète vous de péter une crise de coeur? Vous pouvez tester votre santé cardiaque en cliquant sur ce lien : Mon évaluation de risque cardiaque

Ici, on vous propose plein de recettes rapides, faciles et saines pour le cœur, toutes approuvées par des diététistes : 29 jours pour rendre service à votre coeur


Et moi, je vous propose un petit concours! Quelque chose pour enjoliver vos déjeuners et pour améliorer la santé de votre coeur (plein plein de fibres qui abaisseront votre cholestérol!). 




La personne gagnante recevra quatre bols à céréales en forme de coeur ainsi qu'un assortiments de boîtes de céréales Cheerios (sérieux, celles au chocolat sont quelque chose!). Le tout d'une valeur de 50 $. Avouez qu'ils sont cutes hein?


Comment faire pour gagner?
Pour gagner, rien de plus simple. Répondez dans la section commentaires, ce que vous faites pour la santé de votre petit coeur. Vous marchez pour aller au boulot? Vous boudez les ascenseurs? Vous vous assurez d'ingérer 14 portions de fruits et légumes par jour? Vous buvez un vin de vin chaque soir (hum... pas sûr que ça fonctionne par contre!)? Allez, je veux connaître vos trucs! 


Vous ne faites rien de spécial? Ne culpabilisez pas. Dites-moi ce que vous aimeriez faire dans ce cas. Quels sont vos objectifs à court ou moyen termes. 


Une autre façon de participer est tout simplement de Twitter ma chronique avec le mot-clic #CheeriosHeartMonth. Facile, il y a un bouton dans le bas de la page. Même un enfant de maternelle serait capable de le faire. 


Vous pouvez aussi partager ma chronique sur Facebook. Encore une fois, il y a un bouton dans le bas pour ça. Envoyez-moi un petit coucou dans la section commentaires pour m'aviser de votre partage. 


Toutes ces façons vous donnent une chance supplémentaire de gagner!


Le concours se termine le 13 mars 2012. Le concours est ouvert aux résidents canadiens seulement. La valeur du prix est d'approximativement 50 $. 



Alors, que faites-vous pour favoriser la santé de votre coeur?

La révolution des céréales!

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Qui a dit que les traditions ne devaient jamais être revues? Qui a dit que la vie ne méritait pas qu’on y mette un brin de piquant?

Ce n’est pas parce que pendant 50 ans, on a fait et refait la même recette qu’il nous est interdit d’en changer les ingrédients.

Ce qu’il y a de bien avec les habitudes, c’est qu’elles peuvent être changées, modifiées, améliorées!
C’est ce que j’ai fait. J’ai foutu les traditionnelles céréales de riz soufflé dans le bac à compost et j’ai sorti la boîte de Cheerios au chocolat du garde-manger.

Venez-vous en, on va révolutionner les carrés à la guimauve ensemble. On va monter au front, brûler les vieilles recettes, soulever une émeute pour jeter dehors les vieilles recettes que l’on connaît par cœur.
La vie ne sera plus jamais la même. Et c’est tant mieux.

Pour d'autres recettes avec des Cherrios, cliquez ici : Cherrios.

Carrés à la guimauve et aux Cherrios

Ingrédients
¼ tasse de beurre
40 grosses guimauves ou 250 g de guimauves
1 c. à thé de vanille
6 tasses de Cheerios au chocolat

Marche à suivre
Faire fondre le beurre dans un grand chaudron à feu moyen. Y ajouter les guimauves et bien brasser jusqu'à tant que les guimauves soient fondues et homogènes. Retirer du feu et y ajouter la vanille.
Ajouter les céréales et bien mélanger.
Verser dans un moule d’environ 12 pouces enduit de beurre ou d’un corps gras quelconque. Laisser refroidir.

Impressions : Finito pour nous le riz soufflé! Désormais, ce seront les Cheerios qui auront la cote. La preuve que c'est débile mental, moins de 24 heures après avoir fait la recette, le plat est vide! Pu une seule graine!

samedi 11 février 2012

Pendant ce temps...

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Je venais de vider-remplir le lave-vaisselle. J'avais parti un pain gluten-free dans le robot boulanger. J'avais sorti les crevettes et les pétoncles pour le souper. Les casse-tête qui traînaient ainsi que Violette avaient retrouvé leur place dans le bac à jouets. Le divan me faisait de l'oeil. Le bébé couché, les grandes parties chez leur grand-mère, l'homme qui corrige : tout était en place pour je puisse faire une petite dédette tranquille.

Pendant ce temps, une mère survolait les États-Unis à bord d'un Boeing 747. Les 13 000 km/h qu'il avale ne la satisfont pas. Elle voudrait que ce foutu avion vole à 200 000 km/h. Qu'il fende le mur du son. Qu'il clenche la vitesse de la lumière.Qu'il se téléporte à Montréal right fucking now. 

Je m'allonge sur mon trois places. Me faufile sous mon doudou si gentiment offert par ma belle-mère à Noël. Ferme les yeux. Me sens dans un début de sommeil. Un message texte rentre sur mon téléphone à poche. Fais semblant de ne pas entendre la sonnerie. La sonnerie ne fait pas semblant elle. Grrrr... Ouvre les yeux. Empoigne le cellulaire. C'est ma mère qui m'invite à bruncher pour la Saint-Val demain.

Pendant ce temps, cette mère qui revient d'un séjour au soleil pourrait en rendre plus d'un jaloux avec son beau sun tan. Pourtant, ce sont plutôt son nez rouge, ses yeux qui regardent dans le vide, ses mains qui tremblent qui attirent l'attention. 


Je ferme mon BlackBerry. On ne m'y reprendra plus. Je referme les yeux. Je replonge dans le 4 1/2 de Morphée. Il n'aura pas duré longtemps mon séjour chez la divinité grecque. L'homme sort de son bureau et me crie : "Chéééééériiiiiie! As-tu besoin de quelque chose à l'épicerie, je vais aller m'acheter du café?" "Oui, j'aurais besoin que tu fasses ajuster tes verres de contact. Tu n'as pas vu que je dormais?" lui ai-je répondu d'un ton qui n'invitait pas à la discussion mettons.

Pendant ce temps, cette mère qui est coincée sur le siège 22-C est en train d'inonder toutes les poubelles de l'avion avec ses Kleenex pleins de morve. Pleins de pleurs. Pleins de tristesse. Pleins de colère. Pleins de culpabilité. Pleins de questionnements.

Pleine d'espoir, je tente de me réconcilier avec ma sieste. Ça semble fonctionner. Enfin, je ne l'aurai pas volé ce moment de répit. Il est 15 h 12 quand je sombre comme une bûche. Il est 15 h 16 quand Sam a décidé que c'en était terminé de son séjour dans sa bassinette. Record olympique établi : le dodo d'après-midi qui aura duré le moins longtemps.

Pendant ce temps, la mère au sun tan et aux yeux cernés demande à boire. Pas de Coke, ni de café. Plus fort svp. De la téquila. De la vodka. Du gin. Ah pis fuck off, les trois ensemble et doubles doses svp. Ça doit frapper. Ça doit geler. Ça doit endormir. 

Visiblement, ma terrible two en devenir n'a pas assez ingurgité de sommeil. Elle chigne parce que je la change de couche. Elle pleure parce que je refuse de lui donner le couteau de boucher qui traîne sur le comptoir. Elle hurle parce que je lui interdis de monter debout sur la table de cuisine. Elle fait le bacon parce que maman ne veut pas la laisser manger les guimauves qu'elle a trouvées dans le garde-manger.

Pendant ce temps, un peu saoule, la mère qui est loin de se sentir au 7e ciel même si elle voit de nombreux nuages dans le hublot cherche la caméra cachée qui lui prouvera que ce qu'on lui a dit n'est qu'un canular. Elle se demande ce qui explique que ce mauvais rêve soit si long et pourquoi ne se réveille-t-elle pas.

Après avoir trébuché sur une bouteille du bébé qui traînait dans la cuisine. Après avoir enlevé Sam qui fouillait pour la troisième fois dans le bac à compost en sept minutes. Après avoir volé à la rescousse de mon bébé (beaucoup trop téméraire pour ses 19 mois) qui avait envie de voir ce que ça faisait se jeter en bas de la table de la cuisine. Après tout ça, ben j'ai abdiqué.

Pendant ce temps, l'avion s'est posé. La mère, qui a passé les quatre heures qu'a duré le voyage à pleurer, à moucher et à se demander pourquoi, a enfin mis le pied dans son pays. Dans son Canada supposément sécuritaire. Dans son Québec, où le nombre de crimes par 100 000 habitants tend à baisser d'année en année. Pourtant, c'est dans une voiture de la Sûreté du Québec qu'elle regagnera son domicile. C'est en compagnie de policiers qu'elle entrera dans son domicile de Saint-Romain. 


Pendant qu'à 60 km de chez moi, une femme devait faire face à quelque chose d’innommable, je me plaignais le ventre plein.

Drame familial en Estrie : l'oncle des fillettes accusé de meurtre

mercredi 8 février 2012

Les très belles lettres de Filou

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Il n'est pas rare que lorsque je pose la tête sur l'oreiller, je retrouve une petite missive de ma middle one. Souvent, c'est un dessin avec un « Je t'aime maman ». D'autres fois, le message est plus étoffé et on peut y lire la liste de mes nombreuses qualités suivies d'un invariable « Tu es la meilleure maman au monde! »

Vous comprendrez que le sommeil qui suit est hautement réparateur. Comment faire autrement?

Hier, par contre, mon dodo a été légèrement perturbé par les écrits de ma poulette. Ça se lisait comme suit :

Maman, 


Je ne comprends pas trop ce qui m'arrive, mais depuis la semaine passée, je pense beaucoup à papa. En fait, il est tout le temps dans ma tête. Je ne suis pas capable de penser à autre chose et ça me fait beaucoup de peine. J'aimerais pouvoir en parler à quelqu'un. 


Je t'aime 


Filou xxx

Ma première réaction, après avoir essuyé mes yeux brouillés d'eau, ç’a été d'éprouver une fierté devant ma Filou. Qu'elle ait été capable de coucher par écrit ses tourments m'a démontré un grand signe de maturité. Bon nombre de grandes personnes ne peuvent se vanter d'être capables d'en faire autant.

Mais depuis que son père s'est envolé au paradis des papas, de l'eau a coulé sous les ponts. Les Kleenex sont de moins en moins nombreux dans sa poubelle. Son petit coeur brisé s'est reconstruit petit à petit.

Je sais que son père restera à jamais dans son coeur. Qu'il lui manquera pour toujours, mais je pensais que ça se représenterait d'une autre façon. Vous savez, du genre au bal de finissantes, en montant l'allée le jour de son mariage, etc. « Maman, j'aurais aimé que mon père soit là », voyez le genre?

Mais non. Ce n'est pas comme ça que ça marche le deuil chez les enfants.

Cinq minutes, c'est le drame de leur vie. Ils pleurent et pleurent tellement qu'avec toutes les larmes qui tombent, on pourrait fournir en eau le Tiers-monde comme disait Daniel Bélanger. La seconde d'ensuite, ils sautent de joie, rigolent et ont l'air boosté au Prozac.

Puis, les jours passent et la grande tristesse fait place à une moyenne peine pis à une petite mélancolie. Et tout à coup, ça fait bang!

Un gros bang parfois.

Comme hier.

Trois ans plus tard, le passé rattrape ma poulette. La présence de son père lui manque cruellement. Du haut de ses dix ans, elle ne sait pas trop pourquoi ni comment gérer tout ça.

Hier, ma Filou a agi comme une grande. Pas comme une enfant. En demandant de l'aide, en allant chercher du réconfort, une épaule, elle a réagi comme il se doit.

Il a de quoi être fière ma puce. N'hésite pas à utiliser mon oreiller pour y laisser d'autres lettres. Elles trouveront écho, je te le promets, même si elles m'empêchent de dormir.

jeudi 2 février 2012

Qui est la plus chanceuse?

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« T'es chanceuse en maudit d'avoir une maison comme ça à ton âge! », m'avait dit ma grand-mère quand elle avait visité notre chez-nous pour la première fois. 

Sur le coup, je lui ai répondu que je n'étais pas chanceuse. L'hypothèque que j'avais à la banque et le compte de taxes qui m'attendait chaque mois de janvier en étaient la preuve. Cette maison, je ne l'avais pas trouvée dans une boîte de Cracker Jack.

Faut dire que ma grand-mère a passé presque la totalité de sa vie dans un 4 1/2 dans l'ouest de la ville. Alors de penser que moi, à 32 ans, je pouvais avoir un cottage avec cinq chambres à coucher, ça l'a dépassait popire.

Pourtant. 

Aujourd'hui, je me demande qui est la plus chanceuse. 

Hein Mamie, dis-moi, qui a eu le plus de chance dans la vie? Moi et ma maison de banlieue avec sous-sol fini et télé HD 47 pouces ou toi avec ton appart carreauté?

Je pense que c'est ma grand-mère qui a eu le plus de chance. La chance de ne pas courir le matin. La chance d'être là, le midi quand les enfants venaient dîner. La chance d'être encore là à 15 h 30 au retour de la ribambelle. La chance d'être là pour faire des bouillons de poulet quand l'une avait le rhume. La chance d'avoir le temps de faire un casse-tête avec l'autre.

Mais surtout la chance de ne pas culpabiliser. De ne jamais se sentir coincée entre sa vie professionnelle et familiale. 

Parce que c'est là le plus grand défi des mères de l'an 2000 : l'art de ne pas crouler sous la culpabilité. 

Je vais porter Sam à la garderie alors que son nez coule et que la fièvre menace d'exploser : je passe ma journée au bureau à me demander comment elle va. À me sentir croche parce qu'elle a sûrement qu'une envie, celle de se coller sur sa mère.

Je décide de rester à la maison avec la poulette : je passe ma journée à culpabiliser. Ont-ils réussi à me remplacer? S'en sortent-ils? Que vont-ils penser?

« Chéri, que dirais-tu si je quittais le boulot? On vend une auto, on sort Sam de la garderie. Bref, je suis certaine qu'on arriverait », lui ai-je dit hier soir. 

« Tu trouverais ça cool deux ou trois mois et après tu tuerais pour retourner au travail. C'est long toute la journée à la maison, tu sais ", m'a-t-il répondu du tac au tac. 

Il sait de quoi il parle l'homme. C'est lui qui a passé les sept derniers mois du congé parental à la maison. 

Peut-être, mais reste que nos vies n'ont pas de sens. 

À l'époque de ma grand-mère, on ne se posait pas ce genre de question. C'était comme ça point. Elle ne s'est pas emmerdé mamie. Elle était couturière à la maison. Mais quand une de ses filles était malade, elle pouvait rester au lit sans que personne ne se casse le bicycle. 

Hein mamie, dis-moi, qui est la plus chanceuse?

Bon appétit!